- Mon expérience
LA FORCE DE L’ELASTIQUE
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Sylvie Rey
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Une course que je n'avais pas vraiment envie de faire
Je vais être honnête avec toi : j’avais pas vraiment envie d’y aller.
La veille, j’avais un événement en soirée. Je savais que ma nuit allait être courte, que mes jambes n’allaient pas être au top, que les conditions n’allaient pas être idéales. Puis, les courses de ski alpinisme et moi, c’est une relation compliquée. J’ai cette fâcheuse tendance à me laisser emporter par le rythme des autres au départ, à partir trop vite, à me cramer dans la première heure — et à payer l’addition après.
Presque 2 000 mètres de dénivelé pour le Défi des Faverges, une course mythique sur les hauteurs de Crans-Montana Une longue, très longue distance.
Pourtant, j’étais inscrite. Surtout, j’avais deux coéquipières qui comptaient sur moi. Alors j’y suis allée.
Les deux premières heures : nickel !
Et tu sais quoi ? Ça s’est bien passé. Vraiment bien. Les jambes tournaient, la tête était là, le rythme était bon. Deux heures au sommet de ma forme relative — ce qui pour quelqu’un qui n’avait pas vraiment dormi, c’était déjà une belle surprise.
Puis, le coup de mou est arrivé. Comme il arrive toujours, d’ailleurs. Pas par surprise — on le voit venir, on sait qu’il est là, quelque part sur la pente. On espère juste qu’il viendra le plus tard possible.
L'élastique
C’est là que j’ai sorti l’objet du jour : un petit élastique avec deux mousquetons. Un truc tout simple. On s’attache chacune à un bout et la personne qui est en forme tire doucement celle qui est dans le dur.
Ce n’est pas une grosse corde qui te tire vers le haut sans effort. C’est une tension légère, intermittente. Parfois l’élastique est à plat, parfois il se tend sur quelques mètres.
Pourtant, ça a tout changé.
Parce que quand je suis dans le dur, j’ai une mauvaise habitude : je m’arrête. Quelques mètres, un arrêt. Je reprends mon souffle. Je repars. Un arrêt. Ce stop-and-go est épuisant — chaque redémarrage coûte plus d’énergie qu’un ralentissement progressif. Je le sais. Et je n’arrive quand même pas à m’en empêcher seule.
Cet élastique a cassé ce schéma. Il m’a obligée à rester en mouvement. A ne pas décrocher du groupe. Surtout, à rester avec elles — avec leur énergie, leur rythme, leur force ce jour-là.
Arriver au bout : une leçon sur la transition de carrière
Je dis souvent, dans mon travail, que je ne tire pas à la place de la personne. Que c’est elle qui fait le travail. Que la décision lui appartient.
C’est vrai.
Pourtant, cette expérience m’a invitée à nuancer. Parce qu’il y a des moments dans un accompagnement en transition de carrière — un changement de cap, une décision structurante, un nouveau chapitre qui tarde à s’ouvrir — où rester seul dans sa tête ressemble exactement à moi sur cette pente : quelques pas, un arrêt, quelques pas, un arrêt. On sait ce qu’on veut traverser. On n’arrive pas à maintenir le mouvement.
La prise de décision face à un changement de vie n’est presque jamais un problème de compréhension. La plupart des personnes que j’accompagne savent déjà ce qu’elles doivent faire. Ce qui manque, c’est quelque chose — ou quelqu’un — pour maintenir la tension juste. Pour ne pas décrocher.
Ce que l'élastique m'a appris sur l'accompagnement en transition de carrière
L’accompagnement, c’est cet élastique. Pas une traction massive qui te prive de ton effort. Pas quelqu’un qui décide à ta place. Juste une présence qui maintient le lien quand la pente est raide et que les jambes flanchent.
Dans OSE! l’élan, c’est exactement ça que je propose. Pas te sauver. Pas décider à ta place. Mais ne pas te laisser t’arrêter quand tu es dans le dur — parce que dans le dur, on a souvent besoin de sentir qu’on n’est pas seul face à la pente.
Si tu traverses en ce moment une transition de carrière, un questionnement professionnel ou une décision qui tarde, l’accompagnement en transition de carrière que je propose dans OSE! l’élan est fait pour toi — je suis là.
Sylvie
PS : merci à ma coéquipière pour ces quelques mètres d’élastique qui valaient bien plus que ça.
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